Le SMA est le syndicat de la filière des musiques actuelles et rassemble aujourd’hui plus de 600 entreprises. Il représente des festivals, des salles de concerts (dont les salles labellisées SMAC par l’État), des producteurs de spectacles, des producteurs de disques (labels), des centres de formation ou encore des radios, ainsi que des fédérations et réseaux.
Ces entreprises indépendantes et majoritairement associatives ont pour point commun d’œuvrer en faveur de l’intérêt général et de la diversité. Elles soutiennent l’expression des artistes et des personnes et l’accès d’un plus grand nombre aux démarches artistiques. Elles revendiquent une lucrativité limitée.
Pour la plupart d’entre elles, les structures que nous représentons au SMA entretiennent des liens avec la puissance publique, à commencer par les communes.1
En effet, le bloc communal est de loin le premier financeur de la culture : plus de 80
% des dépenses culturelles des collectivités territoriales proviennent des EPCI et des communes. En 2023, les communes sont celles qui financent le plus le secteur culturel en proportion de leur budget puisque leurs dépenses culturelles représentent 7,6 % de leurs budgets totaux.
Sur environ 15,1 milliards d’euros de subventions publiques (10,7 milliards des collectivités territoriales2 + 4,4 milliards de l’Etat3) engagées pour la Culture en 2023, les communes et intercommunalités ont contribué à hauteur de 8,7 milliards4, donc de 32%.
Ainsi, si le budget des SMAC – scènes de musiques actuelles – est constitué d’environ 60% de subventions publiques (surtout dédiées au fonctionnement), 55% de ces subventions de fonctionnement proviennent des villes et intercommunalités5. En élargissant le périmètre à l’ensemble des lieux de musiques actuelles (salles non labellisées et SMAC), ce ratio atteint environ 64%6.
Le budget des festivals est quant à lui constitué de 12% de subventions des collectivités territoriales – dont 4% par les villes et 2% par les agglomérations – avec des variations importantes selon les budgets et un soutien plus affirmé pour les festivals indépendants de budget moyen7.
Dans certains cas, les salles de concert ont été construites par la commune ou l’agglomération qui en sont toujours propriétaires. Aussi, les festivals prennent parfois place dans l’espace public et nécessitent une autorisation de la part de la commune pour se tenir.
Conscient de ce lien fort que nos adhérents entretiennent avec le bloc communal et en vue des prochaines élections municipales qui se dérouleront les 15 & 22 mars prochains, le SMA a décidé de questionner les différents partis politiques.
En effet, depuis les dernières échéances municipales de 2020, bon nombre de sujets ont évolué et nous souhaitons questionner l’ensemble des partis sur la ligne qu’ils comptent tenir en termes de politique culturelle, et plus particulièrement sur les sujets propres aux musiques actuelles.
C’est pourquoi vous recevez aujourd’hui ce questionnaire.
Nous vous proposons d’y répondre avec les référents culture de votre organisation politique et de nous le retourner au plus tard le 8 décembre 2025. Pour chacun des sujets demandés, nous vous remercions de citer dans la mesure du possible quelques exemples locaux ancrés dans les réalités de vos communes.
Nous analyserons alors l’ensemble des réponses que vous y apporterez et nous les publierons à compter de janvier 2026.
Nous vous remercions pour l’attention et le temps que vous voudrez bien accorder à notre démarche et restons bien entendu à votre disposition pour toute précision qui vous semblerait utile.
- AMF, La culture portée par le bloc communal
- Ministère de la Culture, DEPS, Tableau de bord des dépenses culturelles des collectivités territoriales
- Sénat, Projet de loi de finances pour 2023 : Culture, La part du financement de la culture dans le budget de l’Etat
- Ministère de la Culture, DEPS, Tableau de bord des dépenses culturelles des collectivités territoriales
- FEDELIMA, Evolution des SMAC, séminaire des 5 et 6 juin 2023, page 8
- Chiffres clés de la FEDELIMA, Données 2023, page 19
- Etude CNM, Economie des festivals 2024, page 35
Budget alloué à la culture
Le contexte économique est complexe pour les collectivités territoriales puisque l’Etat leur impose des baisses depuis plusieurs lois de finances, sans pour autant revoir à la baisse leurs prérogatives.
Toutefois l’échelon communal reste primordial pour le financement de la culture, car c’est de loin le premier financeur des structures culturelles.
Aussi dans les communes où votre parti politique compte présenter une liste, pouvez-vous nous détailler comment vous entendez doter le budget culturel (en détaillant le fonctionnement et l’investissement) et plus globalement quelle place souhaitez-vous donner à la culture ?
Les arts et la culture démultiplient les perceptions du monde, affinent l’esprit critique et nourrissent les imaginaires pour agir dans le présent. Ils sont pleinement constitutifs de notre construction en tant qu’être humain tout au long de la vie et déterminants dans nos interactions avec le monde. Leur appropriation par toutes et tous et la diversité dans la pratique artistique comme dans sa reconnaissance sont des enjeux cruciaux pour faire advenir politiquement la nouvelle France. C’est pourquoi la politique culturelle est au cœur du projet humaniste de la France insoumise et de ses ambitions pour le progrès humain.
Les arts et la culture sont aujourd’hui frappés de plein fouet par les coupes budgétaires nationales et l’austérité imposées aux collectivités par les politiques d’Emmanuel Macron. Les communes, maillons essentiels de ce service public, n’y échappent pas. Elles sont également un échelon central du projet politique d’ensemble de la France insoumise. C’est ainsi que les communes incarnent la nouvelle étape de la démocratisation culturelle que nous voulons porter. La Boîte à outils programmatique de la France insoumise pour les élections municipales contient une partie dédiée à la culture détaillant notre ambition. Ce document est à la disposition de l’ensemble des insoumis·es pour les aider et les guider dans leur travail programmatique local.
Vous la trouverez au lien suivant : https://programme.lafranceinsoumise.fr/municipales-2026/
La partie dédiée à la culture est accessible à cette adresse : https://programme.lafranceinsoumise.fr/municipales-2026/construire-la-nouvelle-fran ce/emanciper-par-la-culture/
Les communes sont les artisans d’une culture de proximité et du quotidien, en rupture avec la standardisation de masse imposée par la privatisation généralisée des arts et de la culture mise en place par les gouvernements néolibéraux. Nous les pensons comme le premier vivier de la diversité et du renouvellement des formes, de l’accessibilité de toutes et tous au contact, à l’enseignement et à la pratique artistiques. Les arts et la culture sont aussi l’un des moteurs de la vivacité citoyenne permanente que nous voulons dans les communes.
Nous voulons faire des communes un espace de rupture avec l’ordre établi, et cela concerne également les arts et la culture. Pour cela, les communes insoumises devront se doter plus conséquemment pour mener leur politique culturelle. Cette
augmentation des moyens dépendra de la situation initiale de chaque commune. Les moyens seront renforcés et échelonnés, en fonction des besoins identifiés afin d’être à la hauteur de notre ambition.
De même, la répartition entre le fonctionnement et l’investissement se fera au regard des besoins identifiés par les équipes municipales en concertation avec les acteur·rices culturel·les locaux·les. Concernant les moyens accordés de fonctionnement, ils seront conçus d’une part pour subvenir aux moyens humains nécessaires pour mener cette nouvelle étape de démocratisation culturelle, qui passe notamment par un renfort de moyens humains aux emplois stables, mais également en s’assurant que toutes les missions que se donne le service public culturel municipal puissent avoir les moyens d’être menées, de l’action culturelle au soutien à la création en passant par l’entretien et la valorisation du patrimoine. Trop de structures, municipales ou non, n’ont pas les ressources suffisantes pour mener leurs missions, réduisant par exemple l’artistique à la « marge » des budgets. Enfin, l’investissement sera lui aussi mené selon les besoins en dialogue avec les acteur·rices locaux·les et la planification de notre ambition à l’échelle locale. Elle pourra nécessiter d’importants investissements, pour développer la pratique artistique pour le plus grand nombre ou dans la lecture publique par exemple.
Concrètement allez-vous baisser, augmenter ou laisser stable ce budget en fonctionnement et en investissement, dans quelles proportions et pourquoi ?
Notre ambition d’ensemble va à la hausse des budgets dédiés à la culture, en fonctionnement comme en investissement. Leur proportion et la planification de ces hausses de budget dépendront des communes, de leurs situations et des besoins identifiés. Ils ne seront en tout cas pas baissés, dans aucune commune.
Ces hausses seront étudiées de façon à être significatives pour répondre à l’inflation et au retrait de l’État et d’autres collectivités, dans leurs politiques de coupes budgétaires ou plus directement obscurantistes., Les communes, elles aussi touchées par ces politiques d’austérité, ne pourront à elles seules pallier les attaques portées contre les services publics. Les communes insoumises œuvreront avec d’autant plus d’effort pour appuyer les secteurs culturels déjà durement frappés et devant faire face à un plan social déguisé, menaçant des dizaines de milliers d’emplois, comme l’estiment les syndicats.
Action culturelle
D’année en année, les budgets et les dispositifs dédiés aux actions culturelles sont revus à la baisse et de plus en plus proposés sous forme d’appels à projets. Cela complique leur mise en place et représente une charge administrative de plus en plus lourde pour les structures culturelles – au détriment des personnes visées par ces projets – alors que le constat de l’accès aux propositions culturelles pour toutes et tous est toujours en demi-teinte8.
8 Ministère de la Culture, Chiffres Clés 2024 de la culture et de la communication –
IV. Pratiques, usages et consommations « Sorties culturelles des Français en 2023 (cinéma, concert et théâtre) »
Aussi dans les communes où votre parti politique compte présenter une liste, pouvez-vous nous détailler comment vous entendez travailler la question de l’action culturelle en lien avec les structures culturelles du territoire ? Quelle importance souhaitez-vous y donner concrètement ?
L’action culturelle est le fer de lance central et essentielle de la nouvelle étape de la démocratisation culturelle que la France insoumise veut porter. Nous concevons son déploiement dans l’articulation des trois piliers de l’éducation artistique et culturelle :
la rencontre avec les œuvres, les artistes et les lieux culturels
la pratique artistique
l’acquisition de connaissances sur les arts et la culture.
Nous souhaitons ainsi soutenir et développer les cadres d’éducation populaire locaux, comme les maisons des jeunes et de la culture (MJC) ou structures apparentées, et permettre au plus grand nombre d’accéder à un enseignement et une pratique artistique.
Pour mener à bien cette politique, nous miserons sur quatre éléments essentiels :
la concertation avec l’ensemble des acteur·rices de l’écosystème culturel local (services municipaux, institutions implantées localement, associations, communauté éducative, etc..) en faisant des mairies des espaces d’échange, de coordination et de complémentarité avec l’ensemble de ces acteur·rices
les moyens nécessaires à la bonne réalisation de leurs missions et de nos ambitions
le travail humain, de proximité et du quotidien
le temps long et la confiance, en sortant du dogme généralisé de l’appel à projet, qui plombe les associations et autres structures culturelles, pour lui favoriser des moyens pérennes en renouant avec les conventionnements pluriannuels
Enfin, pour mener cette politique d’action culturelle d’ensemble, les communes insoumises sortiront des démarches purement quantitatives ou principalement axées sur les logiques communicationnelles.
Travail partenarial avec les structures culturelles
Les structures culturelles obtiennent parfois des aides financières de la part des communes ou bien des aides en industrie, à travers le prêt de matériel (barrières, tentes, bancs, etc.) ou le concours d’agents de la commune, par exemple pour monter des infrastructures.
Hélas, nos adhérents font le constat que ces aides non monétaires sont de plus en plus délicates à obtenir de la part des communes.
Aussi, dans les communes où votre parti politique compte présenter une liste, pouvez-vous nous détailler comment vous entendez concourir à la bonne réalisation des évènements culturels non lucratifs ?
Les communes insoumises valoriseront les propositions portées par l’écosystème culturel local, partant du principe que tout événement culturel sur son territoire est une chance à soutenir et accompagner. Ainsi, elles travailleront avec les acteur·rices culturel·les pour veiller à la bonne faisabilité de chaque évènement et faciliter leur tenue dans la mesure du possible. Cela se fera d’autant plus pour les évènements non lucratifs, qui s’inscrivent pleinement dans la vision qu’a la France insoumise pour les arts et la culture, et qui rencontrent aujourd’hui des difficultés croissantes pour se maintenir et se financer.
Diffusion : concurrence avec le tissu indépendant et local
Le nombre d’évènements culturels – notamment musicaux – a augmenté ces dernières années, comme en témoigne l’étude du CNM (Centre national de la musique) sur la diffusion live9, créant une concurrence exacerbée sur les territoires entre différentes typologies et jauges d’évènements. Dans certains cas, les communes ou agglomérations sont elles-mêmes délégataires des enceintes de grands jauges (stades, arénas, zéniths, etc.).
9 Etude CNM, Diffusion live et focus festivals 2023
Aussi, en vue de maintenir un équilibre territorial cohérent entre les festivals et les salles de jauges diverses, comment entendez-vous travailler le cahier des charges des enceintes de grandes jauges en DSP (délégation de service public) ?
Les communes insoumises réaffirmeront que les équipements culturels publics – qu’ils soient de petite ou grande jauge – doivent avant tout être au service de la diversité artistique, de l’écosystème culturel local et de l’accès de toutes et tous aux arts et à la culture.
Ainsi, nous travaillerons à ce que les DSP ne soient pas de simples contrats de gestion commerciale prenant part aux graves phénomènes de concentration dans la culture, mais des leviers de la politique culturelle émancipatrice que nous portons. Cela passera notamment par :
L’inscription au cahier des charges d’obligations de diversité de programmation et de soutien aux artistes et structures de production locaux·les et indépendant·es
Le conditionnement des subventions et avantages publics à ces engagements de diversité, mais également à des critères sociaux et écologiques
Une tarification abordable selon les moyens de chacun·e
Favoriser les modèles coopératifs ou associatifs plutôt que la déclinaison des monopoles privés des gros acteurs de l’évènementiel et de la culture marchande
Nous mènerons également des concertations territoriales permanentes entre tous les acteurs·rices, notamment entre les grandes structures et les réseaux indépendants, pour garantir le bon développement des écosystèmes culturels, leur coordination, dont les municipalités pourront être les organisatrices et si besoin les arbitres, et pour assurer un équilibre dans la diffusion.
Sous une autre forme, certaines municipalités sont aussi organisatrices d’évènements culturels, parfois à bon escient en complémentarité des propositions des structures culturelles du territoire, ou parfois à contrario, en faisant fi de l’existant et en entrant en concurrence directe avec des acteurs indépendants, notamment avec des tarifs souvent bien plus bas.
Aussi, en vue de maintenir un équilibre territorial cohérent, dans les communes où votre parti politique compte présenter une liste, pouvez-vous nous détailler comment vous entendez travailler votre offre culturelle gérée en direct ?
La politique culturelle municipale insoumise sera pensée en bonne intelligence et en coordination avec l’ensemble des structures culturelles et acteurs indépendants présents dans la commune et son bassin de vie. Comme indiqué précédemment, nous concevons le champ des arts et de la culture comme un écosystème vivant, qui a besoin d’équilibre, de coopération et de soutien sur la durée pour permettre l’émergence, la diversité et l’ancrage des arts et de la culture sous toutes leurs formes dans la vie des habitant·es. Les communes insoumises seront les garantes du bon développement de cet écosystème.
L’offre culturelle en régie directe des municipalités insoumises s’inscrira dans ce travail de complémentarité. Elle portera une attention particulière aux artistes locaux·les, notamment émergent·es, en continuité de financements et dispositifs de soutien et d’accompagnement dédiés. Cette orientation aura d’une part pour but de faire du lieu de vie une étape importante dans le parcours des travailleur·euses de l’art et un tremplin possible dans leur carrière, et d’une autre part de renforcer la proximité et les échanges entre tous·tes les habitant·es et les artistes qu’ils·elles ont pour voisin·es. Il s’agit ici d’une des composantes fondamentales de la culture de proximité et du quotidien que nous portons.
À l’instar du travail mené pour l’action culturelle, les mairies insoumises oeuvreront à la mise en concertation de l’ensemble des acteur·rices culturel·les – institutions, associations, collectifs et même habitant·es – afin de soutenir le développement de l’écosystème culturel dans les ambitions de diversité, de proximité et de complémentarité que contient la nouvelle étape de démocratisation culturelle que nous portons.
L’accessibilité financière – jusqu’à la gratuité de certaines activités, évènements et dispositifs – demeurera un axe fort de la politique culturelle municipale insoumise, à commencer par les structures et offres gérées en régie directe qui montreront l’exemple.
De plus, il nous intéresse de comprendre vos objectifs en termes de politique d’aménagement territorial. En effet, de nouveaux projets d’équipements voient parfois le jour dans les communes, sans équipe structurée et sans concertation avec
les acteurs locaux, alors que les structures déjà existantes manquent d’accompagnement.
Aussi, comment pensez-vous accompagner les structures existantes pour pérenniser leur projet dans des locaux adaptés aux pratiques de la musique ? Quel budget d’investissement pensez-vous notamment mobiliser pour accompagner ces lieux ? Comment pensez-vous mener votre politique d’aménagement du territoire ?
Trop de municipalités inaugurent de nouveaux équipements en pensant que la simple existence de leurs murs suffira à faire rayonner l’action culturelle locale. Ces choix sont souvent guidés par des logiques de communication plus que de construction sur le long terme. Les équipes alors chargées de faire vivre ces équipements flambant neufs ont souvent des effectifs et des moyens réduits, inversement proportionnels à l’ampleur des missions qui leur sont confiées. Ces situations se font au détriment des habitant·es comme des agent·es et peuvent entraîner des violences sociales inadmissibles.
Les mairies insoumises feront le bilan des moyens humains et financiers nécessaires au bon accomplissement des missions des équipements déjà existants, en concertation avec les personnes qui les font vivre mais aussi les habitant·es et acteur·rices locaux·les. Elles se chargeront également, avec ces derniers, de faire le bilan des besoins et de la sous-dotation en équipement dans certains quartiers.
Notre action en matière d’aménagement culturel s’adaptera aux spécificités des lieux de vie, à partir de l’existant comme de ses manques, pour aller dans le sens de notre objectif d’une culture de proximité et du quotidien. Cela passera notamment par :
le renforcement des moyens des équipements existant lorsque c’est nécessaire pour l’accomplissement de leurs missions,
la mutualisation des espaces
l’occupation facilitée, voire gratuit, de locaux publics
la mise à disposition et l’aménagement d’espace de création, d’apprentissage, de diffusion dans des lieux vacants
le développement d’une politique de « culture à loyers modérés » pour les associations et travailleur·euses des arts et de la culture de la commune
Les budgets d’investissement municipaux se partageront d’une part sur le travail à mener sur l’équipement existant à partir des besoins recensés – rénovation, mise aux normes, insonorisation, transition écologique et accessibilité – et d’une autre sur la construction de nouveaux équipements là où cela est nécessaire, notamment dans les quartiers populaires souvent moins dotés. Ces équipements auront vocation à croiser culture, éducation populaire et vie associative, à l’image des MJC, afin de permettre aux habitant·es de disposer de lieux de vie, de culture et d’activités communes dans ces quartiers. Croiser ces missions au sein de mêmes équipements nous semble être un choix politique essentiel afin de favoriser la familiarité de toutes et tous avec les arts et la culture.
Liberté de création / censures
Depuis quelques années, les atteintes à la liberté de création et d’expression se multiplient. Elles sont parfois le fait de certains individus, mais aussi d’élus ou de partis politiques. La loi LCAP – relative à la liberté de la création, à l’architecture et au patrimoine – promulguée en 201610 consacre pourtant les principes de liberté de création et d’expression dans ses premiers articles. De surcroît, la ministre de la Culture a proposé un plan pour défendre la liberté de création en décembre 202411 en nommant notamment une haute-fonctionnaire sur ce sujet.
Malgré cela, en 2025, des élus ont encore retiré des subventions à des structures culturelles au motif de leur désaccord avec la programmation proposée (contrevenant donc à la loi LCAP du 7 juillet 2016) et les cas de pressions sur les programmations se multiplient.
10 LOI n° 2016-925 du 7 juillet 2016 relative à la liberté de la création, à l’architecture et au patrimoine
11 Communiqué de presse, Mme Rachida DATI, ministre de la Culture, annonce un plan en faveur de la liberté de création artistique, 4 décembre 2024
Aussi dans les communes où votre parti politique compte présenter une liste, pouvez-vous nous détailler comment vous entendez vous positionner au regard des enjeux de la liberté de création, vis-à-vis des programmations proposées par les structurelles culturelles de votre territoire ?
Le projet communaliste insoumis est un projet de rupture avec l’ordre établi, y compris dans les vieilles méthodes d’ingérence, de clientélisme et de censure dans les arts qui se développent de plus en plus chez des élus abusant de leurs pouvoirs. En tant qu’insoumis·es, nous avons pour mot d’ordre dans les arts que la politique
ne se mêle pas d’esthétique, à l’exception d’un souci accru pour la diversité et le renouvellement des formes.
Nous voulons garantir la diversité et la liberté de création et d’expression dans la vie culturelle locale. Contrairement a ce qu’a récemment affirmé la Ministre de la Culture, nous ne pensons pas que les atteintes à la liberté de création et d’expression viennent en France de « l’entrisme islamiste ». Cela ne fait que nourrir les théories du complot islamophobes qui sont aujourd’hui monnaie courante dans les espaces médiatique et politique du pays. Au contraire, ces atteintes sont menées tant par des responsables politiques que par des groupes d’extrême droite (physiques ou numériques), partageant l’obscurantisme comme méthode commune pour faire taire les représentations discordantes à leur vision du monde. Ils s’en prennent en particulier à des voix qui, bien souvent, cherchent à raconter d’autres récits que ceux qui dominent.
Nous romprons également avec une certaine « gauche », qui imite ou s’allie à la droite pour censurer ou punir des programmateur·rices par des retraits de subventions, sous prétexte qu’un ou des artistes programmé·es ne correspondraient pas à leur « valeurs », comme cela s’est produit en Isère avec le festival Bien l’bourgeon et l’artiste Médine, sous entendant ainsi que le seul art autorisé serait celui qui refléterait les valeurs politiques des élus qui le permettent.
Cette répression s’inscrit dans une dynamique d’autoritarisme et d’extrême droitisation généralisée que nous combattons, et qui s’en prend autant aux oeuvres qu’aux discours et engagements des travailleur·euses de l’art, comme cela s’est vu de très nombreuses fois avec les artistes engagé·es pour la Palestine et la fin du génocide à Gaza.
Les élu·es municipaux·les insoumis ne s’immisceront pas dans le travail de programmation des structures, toutes formes confondues, ou personnes dont c’est le métier. Ils et elles ne considèreront pas les structures qu’ils·elles financent comme leur étant redevables ou inféodées et ne régleront leurs différents politiques par des suppressions de subventions. Si des désaccords peuvent avoir lieu, ils ne le seront qu’au regard du cahier des charges lié à ces financements. Ils seront réglés dans le dialogue et jamais dans la punition expéditive et pour l’exemple, désormais trop courante.
La France insoumise, à travers ses élu·es, les exécutifs qu’elle dirigera ou dont elle sera composante, et ses militant·es, se tiendra toujours aux côtés des artistes et de tous·tes les travailleur·euses des arts et de la culture menacés pour leur travail ou leurs engagements, que ce soit par des groupuscules fascistes violents, des grandes fortunes et entreprises, d’autres élu·es ou même par les services de l’État aux ordres d’un pouvoir abusant de son autorité.

