14 exigences pour les services publics locaux
La France insoumise invite l’intégralité de ses candidat·es à se saisir à des 14 exigences portées par le collectif Nos services publics dans la perspective des élections municipales.
Depuis des années, le néolibéralisme s’acharne à détruire tout ce qui fait société. Services publics, école, hôpital, sécurité sociale, droits sociaux : tout ce qui relève du collectif est méthodiquement démantelé et privatisé.
Face à ce projet de société destructeur, le nouveau communalisme insoumis que nous portons veut participer à construire une société où l’on se repose d’abord sur la force de l’entraide, et non de la concurrence, pour que chacun voit ses besoins satisfaits.
Bien sûr, comme souligné à juste titre par le collectif Nos services publics, les communes ne peuvent pas à elles seules se substituer à l’État. Elles subissent elles-mêmes les politiques d’austérité croissante. Le budget Lecornu pour l’année 2026 prévoit 35 milliards d’euros de coupes dans les services publics et les collectivités, soit une ponction de 650 euros sur chaque citoyen sous forme de taxes et de dégradation des services publics. Les députés de la France insoumise s’y sont farouchement opposés et ont voté la censure du gouvernement pour faire tomber ce budget profondément antisocial.
Pour autant, dans le passé, les communes ont déjà joué le rôle d’incubateur de solidarité. Depuis le début du 20e siècle, elles ont vu commencer l’extension du domaine du service public, l’invention du logement HLM, la création des premières mutuelles ouvrières ou encore l’expérimentation du RMI (devenu RSA). Les communes que dirigeront les insoumis s’inscriront pleinement dans cet héritage, pour faire des communes des espaces de résistance aux politiques d’austérité et poser les jalons d’une société de l’entraide.
Concernant le détails des différents engagements que vous prenez, sans remettre en cause les objectifs, voici quelques précisions que nous souhaitons mettre en avant :
Engagement n°1 : Pour un logement accessible pour toutes et tous : respecter la loi SRU obligeant les communes en fonction de leur taille à avoir entre 20 et 25% de logements sociaux, et arrêter la vente des logements très sociaux.
- 2,7 millions de ménages sont en attente de l’attribution d’un logement HLM. Leur nombre a augmenté de 24 % en cinq ans. Le logement social est la solution pour résoudre la crise du logement. C’est pourquoi les maires insoumis·es introduiront dans le Plan local d’urbanisme intercommunal une obligation de 30 % de logements sociaux et très sociaux dans les opérations neuves et de 40 % en zone tendue.
Engagement n°3 : Pour renforcer les services publics environnementaux : se doter d’un pouvoir de contrôle des opérateurs de l’eau, des déchets et de l’énergie, qu’ils soient publics ou privés.
- Dès leur première année de mandat, les maires insoumis lancerons une revue générale de toutes les délégations de services publics au secteur privé (DSP) et de tous les partenariats publics privés (PPP) afin de déterminer un plan de retour en régie publique, en commençant par les communs essentiels comme l’eau et l’assainissement, la production d’énergies renouvelables, les transports en commun ou la gestion des déchets
Engagement n°6 : Pour une commune qui lutte contre les difficultés d’accès aux soins : contribuer à la mise en place d’un centre de santé à but non lucratif quand les conditions le permettent, et œuvrer pour le maintien et l’amélioration des structures hospitalières et maternités de proximité.
- C’est un des engagements clés de notre campagne pour les municipales. Les centres de santé dans les communes insoumises seront à tiers-payant intégral et sans dépassement d’honoraire. Les deux tiers des jeunes médecins privilégient aujourd’hui une installation en médecine salariée plutôt que libérale. Les communes ont la place pour proposer une offre publique de médecine.
Le programme insoumis défend par ailleurs une approche globale de la santé, intégrant prévention et santé publique. Prévenir, c’est soigner mieux et durablement. Les insoumis développeront ainsi les contrats locaux de santé pour articuler les politiques publiques de santé (prévention, santé communautaire, santé mentale, sport santé, accès aux droits, plan alimentation, éducation à la santé, etc.) et mettront en place des campagnes de prévention contre les risques (lutte contre les IST, VIH, perte de consentement, etc.)
Engagement n°7 : Pour un droit à une alimentation saine : respecter la loi Egalim qui prévoit une introduction de produits bios et locaux dans la restauration collective
- Nous souhaitons atteindre dès que possible 100 % de produits bio ou durables et locaux, avec également la ré-internalisation en régie de la production de repas pour échapper à la mainmise d’acteurs hégémoniques comme Sodebo ou Sodexo. Concernant la restauration scolaire, les communes insoumises iront vers la gratuité totale, en commençant par renforcer la progressivité des tarifs pour les petits revenus et la gratuité immédiate pour les familles en dessous du seuil de pauvreté.
Engagement n°8 : Pour un service public de sécurité municipale préventif et de proximité : investir dans l’éclairage public et les patrouilles à pied plutôt que dans la vidéosurveillance
- Nous souscrivons pleinement à l’idée qu’il faut privilégier la présence humaine plutôt que la vidéosurveillance qui est coûteuse, liberticide et démagogique. Nous instaurerons un moratoire sur la vidéosurveillance (y compris algorithmique) financée par les communes et les intercommunalités. Concernant la police municipale, nous refuserons son armement létal.

