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Politique culturelle : alerte, Macron plonge la France dans l’obscurantisme !

Politique culturelle : alerte, Macron plonge la France dans l’obscurantisme !

Alors que le pays s’enfonce dans une crise politique profonde suite au coup de force antidémocratique de Macron après les élections législatives de juillet dernier qui ont vu le Nouveau Front Populaire l’emporter, le pouvoir macroniste illégitime continue de paver le chemin de l’extrême droite et s’attaque désormais frontalement à la culture. À toutes les échelles, les budgets adoptés par le gouvernement et ses alliés visent à détruire le service public de la culture et ses missions d’émancipation des Françaises et des Français, le tout dans un obscurantisme désormais assumé.

À l’échelle nationale, Rachida Dati sabre avec duplicité les moyens du Ministère de la Culture. Alors qu’elle affirmait que pas un euro ne serait retiré au budget de  Bayrou, elle a défendu au Sénat un amendement du gouvernement baissant de 130,5 millions d’euros le budget de son ministère, dont 41,9 millions en moins pour la création artistique et 33 millions en moins pour les crédits dédiés à la transmission des savoirs et la démocratisation de la Culture. Cette saignée prolonge le plan d’austérité antidémocratique imposé par Bruno Lemaire début 2024, prévoyant déjà une coupe de 204 millions pour la culture, dont 96 pour la création artistique. À titre d’exemple, ce coup de rabot imposé contre le Parlement a d’ores et déjà entraîné une chute de 54% du nombre de spectacles joués durant la saison 2024-2025 par rapport à la saison précédente, selon l’Association des Professionnel·les de l’Administration du Spectacle.

D’autres décisions récentes confirment que le gouvernement compte détruire la politique de soutien à la création artistique et l’éducation artistique et culturelle. Le 30 janvier, sans annonce préalable, l’ensemble des crédits de la part collective du Pass Culture ont été gelés. C’était la seule partie du dispositif finançant des actions d’éducation artistique à l’école. Résultat : les enseignants ne peuvent plus rien programmer pour leurs élèves jusqu’à la fin de l’année scolaire. Cette décision interrompt aussi brutalement les revenus des travailleur·euses de l’art. Seule la part individuelle du Pass subsiste : un chèque donné aux jeunes pour leur consommation culturelle. Le même jour, on apprenait que le gouvernement cédait à une demande du Rassemblement National : inclure le Puy-du-Fou dans les offres disponibles. Alors que la part individuelle du Pass Culture servait déjà de subvention indirecte aux « majors » des industries culturelles, l’argent public qu’il mobilise va désormais servir à financer ce parc d’attractions décrié qui participe ouvertement à la stratégie de guerre culturelle de l’extrême droite.

Les collectivités dirigées par les alliés du macronisme appliquent avec zèle la politique délétère du gouvernement. Christelle Morançais, présidente Horizons des Pays de la Loire, est allée encore plus loin en décidant de sabrer 73 % du budget régional consacré à la culture, soit plus de 10 millions d’euros. Une coupe brutale qui menace près de 2 500 emplois. Cette décision s’inscrit dans un plan d’austérité sans précédent, réduisant drastiquement, voire supprimant, le financement des missions locales, du planning familial et des actions environnementales. Face à la forte mobilisation contre ce projet de régression, Christelle Morançais a assumé sans détour son budget poujadiste et a naturellement reçu le soutien de l’extrême droite lors du vote. Ici encore, l’argument de la réduction des dépenses publiques sert d’écran à un projet politique assumé : tandis qu’elle asphyxie la vie culturelle et associative de sa région, Christelle Morançais a financé à hauteur de 200 000 € le film de propagande révisionniste et antirépublicain Vaincre ou mourir, produit par le Puy du Fou et distribué par le groupe Bolloré. Pour cette politique ouvertement obscurantiste, elle a été récompensée par son parti, qui l’a nommée vice-présidente, donnant ainsi le ton du projet porté par Édouard Philippe en vue des prochaines élections présidentielles.

Nombre de départements emboîtent le pas de cette politique délétère. Dans son plan d’austérité, le président LR des Yvelines Pierre Bédier a décidé unilatéralement de supprimer le financement du Festival Odyssées-en-Yvelines. Cette décision entraîne la disparition de ce fleuron de la démocratisation culturelle. Depuis 27 ans, il proposait des spectacles écrits pour la jeunesse et joués directement dans les établissements scolaires de tout le département. Alors que le PS à l’Assemblée nationale donne un blanc-seing au budget austéritaire de Bayrou en refusant de le censurer, le président socialiste de l’Hérault Kléber Mesquida prévoit de supprimer l’entièreté de son budget départemental consacré à la culture. Face au tollé, le département a reculé et annoncé ne vouloir supprimer « que » la moitié de son budget ! Un choix toujours indigne pour une majorité départementale se disant de gauche.

Des annonces similaires se multiplient dans tout le pays. Si l’austérité imposée aux collectivités territoriales par le gouvernement est inadmissible, beaucoup d’exécutifs locaux à l’image de ceux cités dans cet article font preuve d’un zèle disproportionné en ce qui concerne la culture. Cette concordance d’attaques contre la politique culturelle n’est pas anodine : elle s’inscrit dans une dynamique de liquidation de l’action publique dans la culture qui s’est accélérée depuis la crise Covid et qui passe désormais un cap. 

La politique culturelle est un des ciments de notre République. Elle a pour but de produire des citoyens éclairés, enrichis par le contact avec les arts et la culture,et armés pour mieux comprendre le monde et y agir. Elle est l’héritage des Lumières et de leur aspiration émancipatrice. La solder, c’est laisser la production culturelle aux mains des ultra-riches et de leurs ambitions politiques comme Vincent Bolloré et Bernard Arnault. 

La France insoumise s’engage fermement contre ce projet obscurantiste et renouvelle sa volonté de sanctuariser les financements publics de la culture au seuil plancher de 1% du PIB pour mener une politique culturelle ambitieuse et garantir la liberté de création et d’expression dans le pays. Elle se tient aux côtés des citoyens, personnels enseignants et travailleurs de l’art et de la culture mobilisés contre cette régression et pour un service public de la culture émancipateur, à travers la campagne « Debout pour la Culture » et les formes de mobilisations à venir.

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