Restaurer la biodiversité terrestre
Les mesures des Écologistes :
- Renforcer la trajectoire de la Zéro Artificialisation Nette (ZAN) pour préserver les sols, en adoptant notamment un objectif maximal d’artificialisation pour la période 2031-2041 tenant compte de l’équité territoriale. Intégrer des sanctions en cas de non-respect du ZAN.
- Adopter et financer une stratégie de restauration de la biodiversité, avec une attention particulière à la protection des pollinisateurs. Intégrer un volet spécifique pour protéger la vie dite « sauvage » et assurer son équilibre avec les activités humaines. Élargir le mandat du Haut Conseil pour le Climat à la préservation de la biodiversité.
- Mettre en place une politique nationale de protection et de développement des continuités écologiques : forêts, haies, cours d’eau, corridors entre espaces habités. Préserver rigoureusement les haies existantes et lancer un grand plan de plantation de haies (objectif d’un gain net de 60 000 km d’ici 2030).
- Refonder le service public de suivi et de protection de la nature à l’Office français de la biodiversité (OFB), à Météo France, au Cerema en rétablissant les moyens supprimés depuis 2017.
- Défendre, étendre et financer les parcs et les réserves naturels nationaux et régionaux, qu’ils soient terrestres ou maritimes. Associer les habitant·es à la gestion de ces espaces et à la protection de leurs territoires. Affecter l’entièreté de la taxe espace naturel sensible.
- Abandonner les projets menaçant les zones humides comme en Camargue.
Mesures absentes :
- L’Avenir en commun propose également d’interdire les dépôts de brevets sur des organismes vivants pour empêcher l’appropriation d’espèces animales et végétales par des entreprises privées
Sortir de la civilisation des toxiques
Les mesures des Écologistes :
- Faire appliquer systématiquement le principe pollueur-payeur pour que les industriels contribuent à la dépollution des nappes et des sols impactés et à la recherche sur les alternatives aux produits polluants. Élargir la responsabilité des producteurs en améliorant la loi AGEC et en intégrant des sanctions plus fermes en cas de non-respect des objectifs.
- Protéger la qualité de l’air en mettant en place les conditions du respect des ZFE (Zones à Faible Émission) : développement d’une offre de transport collectif alternative, soutien financier au changement de véhicule et mise en place progressive de moyens de contrôle (vidéoverbalisation…).
- Interdire l’ensemble des polluants éternels (PFAS) et des perturbateurs endocriniens en appliquant le principe de précaution, en particulier pour tous les produits entrant en contact avec la nourriture, le textile et les produits de beauté (exception faite des usages importants pour des raisons de sécurité et pour lesquels il n’existe pas d’alternatives, comme pour les protections des pompiers ou les dispositifs médicaux). Prévoir la dépollution des sites.
- Orienter la recherche publique pour trouver des alternatives aux toxiques avec une attention particulière aux effets sur les femmes (perturbateurs endocriniens, infertilité, SOPK…).
- Interdire l’usage de plomb laminé en France. Réformer le constat de risque d’exposition au plomb (CREP) dans les logements pour l’étendre aux eaux, aux tuyaux et aux sols des jardins. Mener des campagnes ciblées de dépistage.
- Améliorer la dépollution des sols et des eaux et l’indemnisation des victimes du chlordécone en augmentant les montants et en élargissant les critères d’éligibilité du FIVE (Fonds d’indemnisation et prévention contre les pollutions pour victimes du chlordécone).
Dimension européenne :
- Soutenir une révision du règlement européen de régulation des toxiques (REACH) en intégrant notamment le plomb comme substance soumise à autorisation. Fonder la réglementation des substances toxiques sur une évaluation indépendante des risques sanitaires et non plus sur les analyses fournies par les industriels.
- Interdire l’exportation de déchets toxiques, de substances dangereuses, de CO₂ liquéfié et de pesticides dont l’usage est interdit en Europe.
- Sortir du plastique en 2050 avec une trajectoire de réduction de la production et de la consommation. Soutenir les négociations pour un traité international de réduction à la source.
Désaccords :
- Si nous sommes d’accord sur la nécessité de développer l’offre de transport en commun pour réduire la place de la voiture, nous avons une divergence sur les modalités d’application des ZFE. La France insoumise dénonce les ZFE dans leur forme actuelle, dont les critères induisent des inégalités sociales et une trop grande tolérance à l’égard de certains véhicules, notamment les SUV, qualifiés à tort de non-polluants
Sanctuariser l’accès à l’eau potable
Les mesures des Écologistes :
- Rendre applicable le droit à l’eau potable en incitant les collectivités territoriales à instaurer la gratuité des premiers mètres cubes d’eau, et des formes de tarification progressive et différentielle selon les usages. Intégrer ce droit à une stratégie plus globale de partage de l’eau avec les paysan·nes et les industriels.
- Réviser les contrats des grandes entreprises de production d’eau en bouteille et limiter la privatisation des sources à but industriel.
- Décréter un moratoire sur tous les projets de méga-bassines et conditionner à une trajectoire de réduction de la consommation d’eau tout projet de retenue collinaire.
- Atteindre un très bon état écologique et chimique de tous les cours d’eau (fleuves, rivières, ruisseaux) et des réserves souterraines par des plans de dépollution et de réduction des déchets et engrais azotés à la source. Soutenir les changements de pratique dans l’agriculture. Interdire les pesticides dans les aires d’alimentation des captages d’eau prioritaires et sensibles.
- Mettre en place de grands travaux de rénovation des canalisations, notamment dans les territoires dits d’Outre-mer, pour la gestion des eaux usées et la limitation des fuites.
- Préserver la ressource en eau potable par un soutien financier à la désimperméabilisation des sols (parkings, établissements scolaires…) et l’installation de récupérateurs d’eau dans les bâtiments publics.
Mesures absentes :
- Le programme de l’Avenir en commun va plus loin que celui des Écologistes sur le droit à l’eau et sa gestion publique. Nous portons notamment :
- L’inscription de l’eau comme bien commun et la protection de l’ensemble de son cycle, y compris les nappes phréatiques, les rivières et les fleuves, dans la Constitution
- L’inscription de l’accès à l’eau, son assainissement et le droit à l’hygiène comme droit humain fondamental
- La création d’un haut-commissariat à l’eau pour organiser une gestion 100% publique de l’eau, articulée autour de régies publiques locales ouvertes aux citoyens
Améliorer la condition animale
Les mesures des Écologistes :
- Interdire la chasse le dimanche, les jours fériés et les vacances scolaires, les pratiques de chasse cruelle (chasse à courre et déterrage) ou d’animaux figurant sur la liste rouge de l’UICN.
- Améliorer les conditions d’élevage, en interdisant notamment les fermes usines, l’élevage en cage et en améliorant les conditions d’abattage pour le bien-être des travailleur·ses et des animaux. Créer un maillage renforcé d’abattoirs de proximité pour assurer de moindres transports pour les animaux et la maîtrise, pour les éleveurs, de leur production du début à la fin.
- Interdire les pratiques cruelles pour les animaux : corrida, combats de coq, spectacles avec des animaux sauvages, gavage, étourdissement des porcs au CO₂, pièges à colle, chasse close, etc. Interdire la vente et l’exportation du commerce des fourrures animales et des trophées de chasse.
- Limiter au maximum le transport d’animaux vivants à des fins économiques. L’interdire pour les catégories d’animaux vulnérables (nourrissons, animaux en fin de gestation) et lorsque les conditions climatiques ne sont pas adéquates (sauf au sein d’une même exploitation).
- Lutter contre l’abandon des animaux domestiques par des campagnes de sensibilisation.
- Définir une personnalité juridique pour les animaux et reconnaître des droits différenciés en fonction des animaux dits « domestiques » et « sauvages ». Mieux encadrer l’expérimentation animale et accompagner la transition vers une recherche sans utilisation d’animaux. Créer un secrétariat d’État à la condition animale.
Prendre soin des océans et de la pêche artisanale
Les mesures des Écologistes :
- Protéger strictement 10 % des zones maritimes et des fonds marins, c’est-à-dire sans aucune activité extractive ni destructrice. Protéger plus strictement 30 % des zones maritimes via des Aires Marines Protégées (AMP) en adoptant une définition plus stricte des activités autorisées et en définissant des zones de non-prélèvement (« no take zones »).
- Développer des alternatives au chalutage de fond et pélagique, avec pour objectif de s’y substituer. Interdire les bateaux de plus de 25 mètres de la bande côtière et interdire le chalutage dans les 3 milles sans exception. Protéger à terme toutes les AMP du chalutage par un plan de transition des flottilles.
- Lancer un plan de dépollution de nos façades maritimes et des fonds marins. Lutter contre l’érosion des littoraux de la métropole et des territoires dits d’Outre-mer.
- Soutenir la pêche artisanale et les écosystèmes en redirigeant les subventions destinées aux méthodes de pêche destructrices. Prévoir un plan spécifique d’accompagnement des pêcheurs dans les territoires dits d’Outre-mer intégrant la lutte contre la pêche illégale (INN). Refondre la gouvernance de la pêche pour une réelle représentation et participation de tous les corps de métier.
- Mieux reconnaître la pénibilité du travail de la mer à terre, par la prise en compte des horaires atypiques, la précision des critères de pénibilité au niveau de la branche (froid, répétition des gestes), et la possibilité de validation de trimestres de retraite sous un statut de mentorat pour transmettre les compétences. Revaloriser le statut des marins et la place des femmes dans ce milieu masculin.
- Renforcer et subventionner la recherche sur la protection des mondes océaniques (biodiversité, activités humaines non extractives), notamment les moyens et les conditions de travail à l’IFREMER et à l’IRD (Institut de Recherche pour le Développement).
- S’assurer du respect du droit international (statut des eaux internationales, sauvegarde de la vie humaine en mer, moratoires sur l’extraction minière en eaux profondes) et explorer la possibilité de donner une personnalité juridique à l’océan.
Dimension européenne :
- Réviser les accords de pêche de l’UE avec les pays tiers pour une répartition juste des quotas de pêche dans une démarche responsable au vu de l’évolution des espèces. Instaurer un bonus-malus au profit des pratiques de pêche les plus vertueuses.
- Adopter un plan de protection des écosystèmes de la Méditerranée avec l’ensemble des pays riverains, et notamment une interdiction des forages.
Mesures moins-disantes :
- L’Avenir en commun prévoit un usage exclusif de la bande côtière de moins de 12 mètres comme recommandé par les associations telle que Bloom.
